En 2012, Cofidis reste Continental Pro. Eric Boyer n’a même pas postulé à une licence World Tour. Et il a recruté des coureurs méconnus, dont on ne demande qu’à voir les qualités. Mais que l’on ne s’y trompe pas : si la formation nordiste arrive à tirer le meilleur de ses leaders Rein Taaramae, David Moncoutié et Samuel Dumoulin, elle pourrait faire une excellente saison.
Cet étonnant recrutement va-t-il payer ?
Cofidis a dû composer avec plusieurs départs, dont celui du vainqueur de la Coupe de France, Tony Gallopin. Son transfert chez Radio Shack va devoir être compensé, et inévitablement faire de la place à d’autres coureurs. Adrien Petit, même s’il n’a pas exactement le même profil, pourrait en profiter. Mais de bonnes surprises sont aussi attendues des renforts voulus par Eric Boyer. On peut déjà se demander si Egoitz Garcia se distinguera comme un atout de poids sur les courses d’un jour. Mais les attentes autour de l’Espagnol ne sont rien à côté de celles qui entourent Rémy di Grégorio, débarqué d’Astana et à qui Eric Boyer a confié de grandes responsabilités. S’il peut rapporter des succès, tant mieux, mais l’idée sera surtout qu’il apporte son soutien à ses leaders, comme il a appris à le faire aux côtés d’Alexandre Vinokourov. À suivre également, les deux nouveaux venus belges, Edwig Cammaerts et Jan Ghyselinck, qui s’ajoutent à un groupe Classiques de qualité, qui comprend avec Nico Sijmens un élément d’expérience, avec Adrien Petit un jeune prometteur, mais peut-être dénué à court terme d’un vrai leader.
L’Espagne comme meilleur terrain d’expression ?
L’emblème de cette équipe Cofidis, c’est incontestablement David Moncoutié. Et comme le loustic a pris l’habitude de briller sur le Tour d’Espagne, c’est toute une formation qui prend goût à ce pays. Samuel Dumoulin a gagné deux étapes sur le Tour de Catalogne en mars dernier, et le contingent hispanique de l’effectif ne se limite plus à Luis Angel Maté depuis l’arrivée d’Egoitz Garcia. En 2012, le programme comprendra davantage d’épreuves ibériques telles que le Tour de Castille-et-Leon et même le Tour de Madrid. Sans doute encouragé par un sponsor qui a des intérêt de l’autre côté des Pyrénées, Cofidis développe un front sur lequel son groupe a fait ses preuves. Si bien que l’on se demande si cette équipe n’est pas vouée à s’en sortir mieux sur la Vuelta que sur le Tour. Les grimpeurs ne manquent pas parmi les troupes d’Eric Boyer, et en l’absence de licence World Tour, se focaliser sur un calendrier franco-français serait assurément une erreur.
Quelle est la marge de progression de Taaramae ?
David Moncoutié, malgré le poids des ans, demeure une valeur sûre, rapportant chaque année de beaux succès, comme ce fut le cas en 2011 sur le Tour Med, le Tour de l’Ain, et bien sûr le Tour d’Espagne. Mais Eric Boyer aimerait bien qu’il dispute le prochain Tour de France. Pourquoi ? Parce que Rein Taarame y jouera le classement général et qu’il aura besoin de l’expérience et du soutien, en montagne, du Lotois. Le staff de Cofidis mise énormément sur l’Estonien à qui il a confié les clés du camion depuis maintenant plus d’un an. En montagne, Rémy di Grégorio, Tristan Valentin, Damien Monier et Nicolas Vogondy seront les gardes du corps du douzième du dernier Tour de France. En plaine, cette fonction incombera à Aleksejs Saramotins, Julien Fouchard et Arnaud Labbe. Autour du leader, on cherche à bétonner, et c’est bien la preuve que les espérances sont grandes. Reste à savoir si Rein Taaramae peut viser plus haut. Quatrième de Paris-Nice l’année écoulée, il doit à présent carrément jouer la gagne. Puis un top 10 sur le Tour de France.
Le World Tour est-il enfin l’objectif ?
Il ne s’en cache pas : Eric Boyer est marqué par le départ de Tony Gallopin. Le puncheur a décidé de rejoindre son oncle Alain chez Radio Shack, passant ainsi de la Continental Pro nordiste à la grosse armada World Tour américano-luxembourgeoise. Sa post-formation a eu lieu chez Cofidis et le voilà qui part chez un ennemi sans rien apporter à ses dirigeants. Mais cela fait partie des risques quand l’on choisit de ne pas postuler à une licence de première division. Et Tony Gallopin n’est pas parti comme un voleur : il a offert à sa formation une Coupe de France. Le tout, pour la structure nordiste, c’est de savoir ce qu’elle veut. Le haut-niveau via les invitations lui suffit, et il est vrai que ce point de vue se défend quand l’on ne jouit pas du plus gros des budgets. Mais en restant à l’étage inférieur, la tentation d’aller vers ailleurs existera toujours chez les coureurs en pleine progression, avides de programmes élitistes, et ce de janvier à octobre. L’accession au World Tour pourrait venir d’elle-même si les résultats de ce groupe assurément compétitif sont très satisfaisants. FDJ l’a constaté en 2011.
L'effectif complet :
Yoann Bagot
06/09/1987
www
2011
VC La Pomme
Florent Barle
17/01/1986
2011
AVC Aix-en-Provence
Mickaël Buffaz
21/05/1979
www
2007
Agritubel
Edwig Cammaerts
17/07/1987
2012
Landbouwkrediet
Jean-Eudes Demaret
25/07/1984
2008
AC Bisontine
Remy Di Grégorio
31/07/1985
2012
Astana
Samuel Dumoulin
20/08/1980
www |
2008
AG2R Prévoyance
Leonardo Duque
10/04/1980
2006
Jartazi
Nicolas Edet
02/12/1987
www
2011
Véranda Rideau 72
Julien Fouchard
20/08/1986
2010
Côtes d’Armor
Egoitz Garcia
31/03/1986
www|
2012
Caja Rural
Jan Ghyselinck
24/02/1988
www
2012
HTC – High Road
Kalle Kriit
13/11/1983
2010
AVC Aix-en-Provence
Arnaud Labbe
03/11/1976
2010
Bbox Bouygues Telecom
Luis Angel Maté
23/03/1984
www|
2011
Androni Giocattolli
Rudy Molard
17/09/1989
2012
CC Etupes
David Moncoutié
30/04/1975
1997
VC Blagnac
Damien Monier
27/08/1982
www
2004
VC Riom
Adrien Petit
26/09/1990
2010
CC Nogent-sur-Oise
Aleksejs Saramotins
08/04/1982
2011
HTC-Columbia
Nico Sijmens
01/04/1978
www
2009
Landbouwkrediet
Rein Taaramae
24/04/1987
2008
Roue d’Or St Amandoise
Tristan Valentin
23/02/1982
www
2006
Auber 93
Nicolas Vogondy
08/08/1977
www
2011
Bbox Bouygues Telecom
Romain Zingle
29/01/1987
www
2010
Willems Verandas